Archive pour septembre, 2010

septembre 28, 2010

Les Etats-Unis, son patrimoine et son industrie

La traversée de l’Amérique est comme on pouvait la prédire. Monotone. Toutes les villes se ressemblent, la culture est uniforme, les supermarchés sont tous les mêmes. Les slogans marketing lancés à tout bout de champs sont épuisants. Si l’on ne prend pas de recul sur ce pays, on dira qu’ils n’ont pas de culture, pas de patrimoine.

Ce serait une erreur, car certains mots n’ont pas la même définition dans d’autres pays. Nous définissons notre patrimoine comme étant notre architecture, nos chalets valaisans, nos villes construites de façon organique, et, également un peu par nos montres et nos couteaux suisses. Dans ce sens, il est vrai que l’Amérique n’a pas de patrimoine. Les villes ne sont pas intéressantes et carrées, il n’y a aucune créativité dans l’urbanisme et le commerce est placé largement au-dessus de la qualité de vie. Il suffit de suivre un individu faisant ses commissions pour s’en rendre compte.

Mais si l’on accepte de réviser le sens du mot patrimoine, on constate que l’Amérique vit principalement à travers l’industrie. Les Etats-Unis sont un pays d’ingénieurs. Ils sont très fiers de leurs voitures, de leur NASA, de leurs avions. Tous les dimanches, dans la campagne, des fêtes célèbrent l’industrie américaine en réunissant tracteurs, voitures et camions d’époque autour d’un bon Johnny Cash (voir diaporama ci-dessous). Ces manifestations sont une démonstration de leur attachement à leur patrimoine. Alors que nous nettoyons nos géraniums à la brosse à dent, eux, ils bichonnent leur Ford Mustang au garage.

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Ceci m’a fait prendre conscience que ce pays ne pourra jamais avoir la même approche que nous de l’écologie et du développement durable. Car aujourd’hui, c’est tout ce patrimoine qui doit disparaître. Les constructeurs automobiles doivent arrêter de produire des V8, pour insérer des moteurs hybrides ou électriques. Les programmes de la NASA doivent changer, car la conquête de l’espace au nom de la grandeur américaine ne peut plus se faire sur un pays surendetté et socialement déchiré. Les avions de guerre ne résolvent plus les conflits. De la force et la puissance, l’Amérique doit passer au respect et à la modération. Et leur demander cela, ce n’est pas leur demander de changer de technologie, mais bien de modèle. C’est énorme. Ce serait comme nous demander de remplacer nos géraniums par des orties.

Pourtant, l’industrie américaine est prête à relever le défi. Les entreprises investissent en masse dans les green techs. Mais en l’absence de législation et de consommateurs le développement n’est que très lent. Et pour changer cela, il faut changer les mentalités. Chose impossible dans un pays qui ne connaît pas l’étranger. Je me lance donc dans un pronostic, cela n’arrivera pas tant que l’amérique ne sera pas au bord du gouffre. Et aujourd’hui, même à travers la crise, elle ne l’est pas encore.

septembre 27, 2010

Icare : De 0 à 5524 kilomètres

Le 15 mai 2010, le projet Icare partait de la place Pestalozzi à Yverdon-les-Bains.

Découvrez les images inédites des dernières heures des préparatifs. De 0 à 5524 kilomètres, 133 jours de voyage entre la Suisse et les Etats-Unis en 4 minutes. Voyez plutôt :

septembre 24, 2010

Icare et ses petits soucis

La solitude (english below).

Un mot qui prend tout son sens dans les campagnes américaines. Il est 15h et depuis ce matin, lorsque j’ai quitté mon Motel, je n’ai croisé que 3 voitures.

Pour économiser au maximum l’énergie, mon GPS calcule la route la plus courte pour Colorado Spings à 1293 km d’ici. Mais celles-ci sont rarement les plus rapides et traversent parfois des endroits totalement inexistants sur les cartes!

Lorsque je m’arrête au bord d’une route il n’y a rien. Mon seul compagnon est le bruit du vent. Toujours depuis le sud-ouest. Face à moi. Ma Twike me nargue parfois en refusant de démarrer ou en s’arrêtant subitement. Depuis les phares jusqu’au moteur électrique, des centaines de mètres de fils électriques sont entremélés les uns aux autres. Rien que pour le système solaire, c’est 200 mètres.

Faire avancer une telle voiture, c’est de la mécanique, de l’électricité, de l’électronique, de la télécommunication et de l’énergétique. Je tatonne dans tous les domaines, mais suis bien incapable de tout réparer seul ! Les pannes sont peu fréquentes, mais les petits soucis réguliers.

Aux Etats-Unis, par exemple, le système métrique n’existe pas. Les vis ne sont donc pas compatibles. Perdre un écrou est un gros problème. Je compte chaque rondelle et chaque vis de rechange, et les range soigneusement dans des boîtes fermées et verrouillées avec du scotch.

Hier, une batterie m’ennuyait. J’en ai deux et elles sont constituées chacune de 120 éléments de Lithium, comme des grosses batteries d’appareils photos. Lorsqu’un élément casse, c’est toute la batterie qui lâche. Mais ma solitude est toute relative, car en Suisse et dans le monde, toute une équipe m’aide en continu. Ralph Schnyder m’a répondu cette nuit et en me conseillant d’intervertir des éléments de batterie. Il m’envoie des pièces et me fournit ses conseils régulièrement. Ce matin, le pépin était déjà réparé. Et Toshi Togo aussi, au Japon, me renseigne sur la façon de connecter mon éolienne. Ou également Nicolas Schroeter à Fribourg vérifie que la télécommunication fonctionne bien. Et bien d’autres se reconnaitront en lisant ce blog.

Finalement, la solitude est bien relative à l’ère d’internet!

Through the American’s contryside, I feel sometimes alone. It is 3pm and since this morning, I only saw 3 cars ! And when I think about my car, I’m a bit afraid because of the complexity of the systems.

I haven’t had serious troubles until now, but small problems occur regulary. Fortunately, a lot of persons are helping me all aroud the world. Yesterday a battery failed. But this night, Ralph Schnyder in Basel send me information and solutions to repar it. And this morning I was on the road again!

Finaly, the loneliness is relative with internet.

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septembre 22, 2010

Icare dans la tempête : “J’ai vraiment eu peur”

Une belle frayeur!

Hier soir, je monte ma tente au bord d’un lac après une belle journée ensoleillée. L’endroit est bucolique, j’en profite pour me faire un bon repas. En me balladant non loin de la voiture, j’entends un bruit lontain qui ne m’est pas familié. Comme un vrombissement sourd. Je suis dans une prairie et vois très au loin quelques arbres bouger.

D’un coup, la température chute de 10°C et des feuilles se mettent à voler partout. Ce bruit, ce sont des branches qui éclatent les unes après les autres. Sans attendre une seconde de plus, je pique un sprint jusqu’à la voiture solaire. J’arrache toutes les connexions électriques, pousse la voiture contre un arbre et l’attache avec des spencets. Le vent devient violent, de gros nuages obscurcissent complètement la forêt. En quelques secondes il fait nuit, de petites branches cassées volent au-dessus de moi et de grosses gouttes d’eau commencent à tomber. La voiture sécurisée, je poursuis ma course vers la tente, ajoute des sardines et vide la voiture des ordinateurs et appareils photos. Des éclairs s’approchent et là, j’avoue, je commence vraiment à avoir les ch’tons!

Je compte les secondes entre les éclairs et le tonnerre. 10km, 8km, 6km, 5km,… 5km… 5 km… Chanceux, le coeur de la tempête passe juste à côté de moi. Mais ce n’est pas un orage d’été, c’est bien une “bad storm” (mauvaise tempête). Le ciel est illuminé d’éclairs qui dureront jusqu’à 4 heures du matin. Moi seul dans ma tente à tenir les coutures pour éviter qu’elle ne s’envole. Dans l’angoisse, je n’ai pas pris une seul photo. A l’aurore, épuisé, je m’endors en entendant les éclairs s’éloigner. J’ai gagné, je suis presque sec!

Ce genre de phénomènes extrêmes arrivent de plus en plus souvent dans ces grandes plaines américaines. Surchauffées par un soleil de plomb la journée, des nuages s’accumulent violemment pour se transformer en tempêtes. Certains attribuent ces orages au réchauffement climatique d’autres pensent qu’ils existent depuis toujours. Je ne donnerai pas de verdict, mais ce matin, en épongeant l’eau au fond de la voiture et au fond de la tente, j’étais content de voir que tout était en bon état.

Une vidéo des dommages provoqués dans la région de New York : Et un lien, ici.

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septembre 21, 2010

Compensation du CO2 : l’analyse marocaine

Il y a encore quelques mois, le projet Icare était au Maroc. Les interviews sont enfin arrivées.

Pour se soustraire de sa dépendance énergétique, le gouvernement marocain a lancé des projets verts pharaoniques. Il s’est fixé l’objectif d’amener la contribution des énergies renouvelables à 15 % du bilan énergétique national en 2020.

Pour Ali Agoumi, professeur à l’Ecole Hassania des Travaux Publics de Casablanca, le Maroc doit développer une économie à faible teneur de carbone. Océanologue, Ali Agoumi travaille sur la problématique des changements climatiques depuis vingt ans. Expert indépendant, fin connaisseur du marché carbone, il a aussi piloté la mise en place du Protocole de Kyoto au Maroc.

Pour Saïd Mouline, a terme, le Maroc deviendra exportateur d’énergie verte. Il est “Monsieur énergies vertes” au Magrehb. Il vient d’être nommé à la tête du Centre de développement des énergies renouvelables (CDER).

septembre 21, 2010

Icare s’enfonce dans le countryside

Je tourne le dos à Detroit pour m’enfoncer dans les campagnes républicaines du centre américain. L’Illinois est bientôt derrière moi, et je mets le cap à l’ouest pour le Kansas. Ces champs de maïs et de soja, interminables, me laissent perplexe.

Des milliers, peut-être des millions de tonnes de nourriture destinées au bioéthanol ou au fourage animal. Cette production de masse n’est pas repoussante en soi, mais le paysan est, ici, tellement éloigné de sa terre que cela en devient indécent.

Les moissonneuses batteuses avancent mécaniquement à travers ces terres assèchées pendant que les trains et camions attendent pour embarquer les precieuses graines à distances. Certaines machines sont commandées à distance par ordinateur. Elles soulèvent des nuages de poussières visibles à des dizaines de kilomètres.

Une moissonneuse peut avancer jusqu’à 6 heures avant d’arriver à la fin du champs et faire demi-tour. Pendant ce temps, l’agriculteur – pour autant que ce nom ait encore un sens à ce niveau – va acheter ses objets chinois en Pick-Up au Wallmart ou au Home Depot du coin.

Ici, l’Amérique a volé l’âme de cette terre fertile pour la transformer en usine à ciel ouvert et s’en est totalement détaché pour une vie sans lien avec le sol.


septembre 18, 2010

Ford : Le défi écologique

Marc Müller et sa petite Twike étaient en visite chez Ford, le principal constructeur automobile américain, basé à Dearborn au Michigan. L’occasion aussi de découvrir le rapport que les Américains entretiennent avec les véhicules propres.

septembre 18, 2010

Icare suscite l’admiration aux Etats-Unis ! Prochaine étape : Saint-Louis

Au fil des kilomètres, la petite Twike suscite toujours plus d’engoûment. Les journaux locaux sont nombreux à relater les péripéties du projet. Les invitations à dormir chez l’habitant sont nombreuses.

Marc Müller et sa voiture ont passé quelques jours chez la famille Haebegger à Elkhart pour recharger les batteries de la voiture. Le pilote avait aussi besoin de repos.  La voiture a repris la route en direction d’Indianapolis, puis St-Louis.

Voyez la réaction de ces Américains sur la route…

Un des nombreux articles consacrés par les médias américains. Cliquez ici. Et le Boston.com.

Marc Müller était aussi en visite à Swissnex à Boston. Swissnex est le réseau de Maisons suisses d’échanges scientifiques. C’est un instrument important dans la mise en œuvre de la politique fédérale de coopération bilatérale en matière de formation, recherche et innovation entre la Suisse et un choix de pays partenaires.

septembre 13, 2010

En route pour St-Louis

10 septembre 2010.Fin des visites à Detroit, en route pour St-Louis.

Trois jours seulement au Michigan en compagnie de Madame et Monsieur Wegmueller du Consulat Suisse de Detroit pour rencontrer l’industrie automobile américaine. Ford, AVL et l’Université du Michigan nous ont reçu pour nous parler de leur vision de l’avenir et de leurs technologies. Des reportages suivront ces prochains jours, back on the road!

septembre 13, 2010

Comme une lettre à la poste

7 septembre 2010. Arrivée à Detroit, 1500 kilomètres comme une lettre à la poste! La traversée des campagnes de Boston à Detroit a été une formalité. La voiture roule à merveille,que du bonheur! Le périple en images entre Boston et Detroit.

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