Archive pour octobre, 2010

octobre 27, 2010

L’Amérique en campagne électorale : le mensonge et la dette

« Je vais voter pour celui qui, à mon avis, ment le moins » m’explique Steve, passionné d’énergie nucléaire, au bord de l’autoroute. Ce sentiment n’est pas isolé car une majorité d’Américains ne croient ni en leur politiciens, ni en leurs gouvernements. En pleine campagne politique pour les mid-terms, dans une économie morose, le Colorado affiche des slogans simplistes sur l’emploi et la dette financière. « Pour créer des emplois, coupons les taxes et supprimons les dépenses » ou à l’opposé « couper les taxes, c’est licencier des pères de familles ».

Affiche de campagne au Colorado

L’arrivée au Colorado depuis le Kansas laisse pourtant croire que les politiques doivent être bien différentes, car l’Etat et ses citoyens le sont. Ici, les maisons ont des capteurs solaires, les rues disposent de poubelles pour le recyclage, les habitants utilisent des vélos ou des voitures hybrides.

Mais en découvrant la communication des partis politiques, on pourrait presque adhérer à l’idée du mensonge généralisé. En Amérique, les campagnes politiques s’appliquent non pas à proposer des idées, mais à détruire celles des autres; candidats ou élus. Si bien que chaque détracteur démontre à grand renfort de supports de communication ce que l’autre n’a pas respecté lors de sa précédente campagne politique. Dans un pays à la politique dualisée – républicain ou démocrate -  chacun cherche à démontrer le mensonge de l’autre, ce qui a pour effet systémique de décrédibiliser l’ensemble de la classe politique (voir les vidéos des candidats ci-dessous).

 

Golden, Colorado, des poubelles pour le recyclage dans le domaine public

Ces campagnes politiques parlent de dettes. Probablement à raison. Mais la dette n’est pas que financière. Les Etats-Unis ont un déficit financier, éducationnel, technologique et sanitaire. Le concept de durabilité est présenté sous nos latitudes comme une gestion raisonnée des ressources dans le temps. Or l’Amérique a aujourd’hui puisé dans tous les capitaux qui lui ont été offerts: dette financière par des budgets fédéraux et étatiques systématiquement négatifs. Dette environnementale par l’emploi déraisonné de toutes les ressources naturelles du sous-sol jusqu’au ciel. Mais l’Amérique effraie car elle va plus loin encore.

Elle puise également à l’intérieur de sa chair en nourrissant si mal ses concitoyens que l’obésité touche entre 15% et 100% des individus selon les régions. Et enfin, dette éducative par la sous-culture flagrante de sa jeunesse qui voit le monde à travers quatre mots: « amazing, fun, crazy et awsome ».

Golden, Colorado, une pizzeria 100% neutre en CO2

Pourtant ces mêmes jeunes issus de la culture Star Ac’ américaine devront rembourser la dette financière de leurs parents, soigner leurs maladies engendrées par la malbouffe, changer de système de production de biens et d’énergie et revoir fondamentalement leur urbanisme « tout bagnole ». C’est un programme inévitable pour les cinquante prochaines années. Sans cela, la qualité de vie continuera à diminuer, comme c’est déjà le cas dans les campagnes et certaines villes.

Dans ce contexte généralisé de la dette, les slogans politiques sont non seulement d’une superficialité effrayante, mais deviennent effectivement un mensonge couru d’avance, puisqu’aucune des solutions proposées ne sont viables. Le temps n’est plus à disserter sur la raison d’être d’un état, mais bien sur ce qu’il peut entreprendre pour maintenir une qualité de vie minimum de ses citoyens.

Pour le Colorado dont la modernité et l’ouverture d’esprit contraste si fortement avec d’autres Etats, voter pour les candidats proposés, c’est peut-être effectivement jouer avec le mensonge.

Campagnes du Colorado en vidéo :

octobre 24, 2010

A plus de 4000 mètres d’alitude sans une goutte d’essence!

On l’a fait ! 4300 mètres d’altitude pour ICARETTE ! La tête dans les nuages, les capteurs n’ont pas fondus.

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Des vidéos de l’exploit arriveront bientôt! En attendant, la presse locale s’empare de l’exploit! Cliquez ici.

octobre 21, 2010

Icare quitte Denver, Svetlana Dougoud rejoint l’aventure

Svetlana Dougoud rejoint l’aventure à Denver. Médecin et parfaitement bilingue français-espagnol, elle apportera son aide pour l’Amérique du Sud. Elle restera jusqu’à Buenos Aires.

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Nous avons quitté Denver le 17 octobre. Après trois jours d’approche à travers les montagnes du Colorado, nous tenterons de gravir la fameuse montagne Pikes Peak. Nous nous trouvons à Cascade au pied de cette montagne. Nous avons pris la journée pour charger les batteries à bloc. Demain, une dénivellation de plus de 2000 mètres nous attend sur des routes en terre. Nous devrons produire un maximum d’énergie pour atteindre le sommet après environ 5 heures de route.

 

octobre 19, 2010

Retour vers le futur en pays Amish

Le temps s’est arrêté chez les amish. Cette population originaire de Suisse qui compte aujourd’hui 250 000 personnes aux Etats-Unis vit au ralenti. Le projet Icare va à la rencontre de cette communauté qui produit et consomme avec une constante: le respect de l’environnement. Tout en utilisant les énergies nouvelles, comme les éoliennes.

Article publié dans le journal la Liberté du 14 octobre 2010. A télécharger en cliquant ici.

Delbert Farmwald se balade sur son domaine à pieds nus. Ce propriétaire d’une ferme à Shipshewana, dans l’Indiana, est habillé comme il y a cent ans. C’est qu’il vit comme il y a un siècle. Cet agriculteur produit et consomme avec une constante: le respect de l’environnement. Une condition de survie pour lui: «La durabilité, c’est le mot clé. C’est simplement le seul moyen de produire longtemps. Nous n’utilisons aucun produit chimique, nous faisons une agriculture biologique.»

Delbert Farmwald est amish. Cette population nord-américaine originaire de Suisse compte aujourd’hui 250 000 personnes et continue à grandir en marge de la société industrielle. Alors que le rouleau compresseur de la mondialisation absorbe les minorités culturelles tout autour du monde, elle fait de la résistance, voire se développe. Si l’après-pétrole arrivait plus vite que prévu, serait-ce si difficile de retourner à un mode de vie considéré comme révolu ?

Cette communauté ultraconservatrice respecte les principes du développement durable à la lettre et force l’admiration par son utilisation réfléchie des biens matériels. Persécutés en Suisse au milieu du XVIIe siècle, nos très anciens cousins bernois ont rejoint le Nouveau Continent dans des conditions d’immigration d’une rudesse inouïe. Ils ont construit aux Etats-Unis les villages d’Interlaken, de Langnau ou de Thoune.

Tout fonctionne au ralenti
Aujourd’hui, le temps semble s’être arrêté pour eux. Plutôt, c’est leur rapport au temps qui varie. Dans les campagnes amish, la vitesse n’existe simplement pas. Ces agriculteurs se disent que le temps d’une vie est court et qu’il n’y a pas de sens dans l’accumulation de biens matériels. Alors tout fonctionne au ralenti: cultures à l’aide de chevaux, habits cousus à la maison, calèches… La non-violence, le rapport fort à la terre, une vie chrétienne engagée et le refus de la consommation inutile sont les bases de cette vie conservatrice. Les Américains respectent ce mode de vie qui s’étend aujourd’hui dans 21 Etats. Il fait partie du décor même s’il paraît archaïque aux yeux de certains.

Sous une forme communautaire, les amish cultivent leur propre nourriture en utilisant des méthodes ancestrales acquises en Suisse. Cette proximité physique avec la terre rend certains principes évidents: «Ici, le sol est très fertile et il nous nourrit. Nous le respectons en labourant avec des animaux, en veillant à une rotation des cultures et en n’utilisant que des engrais naturels.»
Ces méthodes agricoles rencontrent d’ailleurs un certain succès auprès de familles extérieures à la communauté. Trish Haebegger parcourt 60 km tous les vendredis avec son 4×4 pour venir chercher son panier du jardin potager de la famille Farmwald. «Les légumes produits ici sont de très bonne qualité et biologiques. Je paie 260 dollars en mai et je reçois tout l’été d’excellents produits.»

 

Eoliennes et systèmes solaires
Ce petit commerce ne change pas l’objectif principal de leur vie rurale: l’indépendance. Les maisons ne sont pas raccordées au réseau électrique, et n’ont la plupart d’entre elles pas de téléphone. Les énergies renouvelables sont une excellente façon de garder une distance avec les fournisseurs de services habituels: éoliennes pour l’irrigation des champs, systèmes solaires pour la ventilation des maisons et pour l’éclairage. Le chauffage des maisons se fait le plus souvent au bois, parfois au charbon.
«Si nous vendons notre production, c’est parce que nous devons acheter des terrains pour nos enfants. Même avec la crise, ils restent très chers», explique Emma Roberts, habitante dans l’Ohio. Les quelques sous récoltés par la vente de fruits et légumes sont mis de côté pour préparer la transition du patrimoine familial. Ce point est le talon d’Achille de la communauté. Les terrains sont la seule ressource utilisée et elle est disponible en quantité limitée !

Mais sans vision de croissance, la durabilité est garantie. Ce mode de vie n’est d’ailleurs pas figé puisqu’il continue à évoluer, avec l’utilisation par exemple des nouvelles technologies énergétiques. Pendant que nous parlons d’utiliser l’énergie solaire, d’aller au travail à vélo, de revaloriser les valeurs de la famille, d’acheter local et bio, les amish le font au quotidien. A se demander si ce ne sont pas eux les plus modernes ?

octobre 12, 2010

Arrivée au Colorado, huit crevaisons plus tard ! Elle doit avoir une âme cette voiture !

Au retour de longues vacances, avez-vous déjà ressenti cette harmonie qui vous lie à votre voiture ? Vous prenez votre dernier bagage dans le coffre, fermez les portes à clé et juste avant d’entrer à la maison, vous vous retournez vers votre voiture avec un sentiment particulier. Discrètement, vous lui dites, “merci pour ces vacances, tu ne m’as pas laisser tomber” !

Après plus de 6000 km, je regarde Icarette dans la rue à Golden, Colorado. C’est ce sentiment qui me vient. Elle est là, avec ses grands yeux carrés. Elle commence à se déglinguer, à vieillir. Les roulements lâchent les uns après les autres, les plastiques cassent, mais elle est toujours de bonne humeur, toujours partante. J’ai envie de lui dire, “on a déjà fait un sacré bout tous les deux, et bon sang, cette Amérique c’est grand”. Elle ne répond pas, mais je lis dans son regard ”je sais, et t’inquiète pas, on continue, dans un mois, c’est cap sur l’Argentine !”.

Ne lui dites pas, mais demain, elle va recevoir un beau cadeau, cinq pneumatiques tous neufs. “Tu l’as bien mérité ma grande”!

After 3800 miles, I begin to think that I can communicate with my car. She (she’s a lady) is getting old, with some troubles. Today, I was looking at her on the street and I told her: “hey body, we did a long way together !”. She didn’t answer, but I was able to read in her lights “I know that. And don’t worry, it’s not finished! In one month, we will turn left and go to Argentina !”.

Don’t tell her, but tomorrow she will get a present. Five beautiful new tires !

octobre 6, 2010

6048 kilomètres, Icare s’enfonce toujours plus aux Etats-Unis

 

 

RéŽparties selon les nappes souterraines, elles ressemblent à des champignons

 

Les machines ˆà extraire le pŽétrôle amènent des revenus aux agriculteurs mais sont la propriété des entreprises pétrolières

Après les récoltes, les chanps deviennent complètement arrides
octobre 6, 2010

Derek Reilley et son capteur solaire : un extraterrestre au pays du pétrole

Dans un “bled” perdu au milieu des immensités agricoles du Kansas, Derek Reilley est un extraterrestre. Au pays du Pick-Up et des centrales à charbon, il n’est pas peu fier de me montrer son installation solaire dans son jardin. « Je crois qu’à Colby je suis bien le seul à avoir une installation de ce type. Les gens sont très étonnés lorsque je leur montre que cette énergie est gratuite ».

Derek Reilley et son capteur solaire prototype dans son jardin.

Exploitation du sol

Ce village de quelques centaines d’habitants est entouré de champs de maïs. La monoculture dopée aux fertilisants chimiques est légion. Le pays est plat et culmine à 1400 mètres d’altitude. Plus un seul arbre n’est visible à l’horizon, le champ des oiseaux n’existe plus. Le prochain village est à 80 km. Certains soirs, lorsque le soleil se couche, le ciel et le sol prennent la même couleur orangée et font disparaître les lignes d’horizon dans une brume lointaine. Au milieu de ces monocultures, des machines extraient inlassablement le pétrole ou le gaz naturel du sol. Ici, l’évolution des cours de l’énergie est familier. Car ces pompes permettent aux agriculteurs de toucher des royalties. « Lorsque le cours est haut, on fait de très bonnes années. Mais aujourd’hui, le cours est bas, alors les machines sont arrêtées » explique Carol Boden, employée du service social du Kansas et épouse d’un agriculteur. Pendant la discussion, son voisin glisse en rigolant, « n’écoute pas ce qu’elle dit Marc, elle est démocrate ».

Un homme passionné

Mais Derek se moque de son entourage. L’homme est très créatif. Enseignant au gymnase local, il utilise son énergie renouvelable pour toutes sortes d’applications. « Je tonds ma pelouse gratuitement depuis 2 ans avec ma tondeuse électrique et j’ai un moteur 12 volts pour mon bateau. Je charge aussi les batteries de ma caravane avec mon système. Et puis je fabrique du 110V (le courant américain). » Une initiative dénouée de tout rapport aux coûts. « Parfois ma femme me dit, mais quand vas-tu arrêter d’investir de l’argent pour cela ? Jamais, je crois bien (rires). »

Programme éducatif pour le solaire

Grâce à sa ténacité et à sa passion pour les énergies renouvelables, Derek a réussi à convaincre l’Etat du Kansas de soutenir son programme éducatif. Le premier du genre. Pour son école, c’est 48’000 dollars qui viennent de tomber. Une prouesse car aucun programme d’encouragement pour ces énergies n’existe. « On a acheté des systèmes solaires et le but est d’introduire des notions de bases en électricité aux élèves tout en faisant la promotion des énergies renouvelables. On leur montre comment connecter des capteurs en série ou l’influence des nuages par exemple. Cela leur permet de comprendre comment ces énergies fonctionnent. ». Satisfait de sa réussite, Derek ne va pas s’arrêter en si bon chemin, derrière sa caravane, un socle métallique est en cours de construction… pour recevoir une éolienne domestique.

English

Derek Reilley is the owner of a small scale solar system. In Kansas, the countryside is exploited to produce corn with chemical fertilizer. Moreover, some machines extract oil and natural gas from the ground. In this context, Derek is a bit alone to promote renewable energies but he just received help from the state to develop an educational program. Now he teaches in college how to use theses new energies.

octobre 4, 2010

Traversée du Kansas, entre solitude et petits soucis!

La traversée du Kansas est un véritable marathon. Il faut tenir la distance! Quelques problèmes de pneumatiques expliqués en images.

The ICARE Project continues his way through Kansas. The tires are really old, and no shop is selling that kind of products in this area. I worry about that!

octobre 2, 2010

Les Etats-Unis et le bioéthanol

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