L’expédition suisse, humaine et technologique, fait demi-tour au km 300 de la Panaméricaine Sud au Pérou. Les soucis administratifs et logistiques auront vaincu l’utopie éolio-solaire lors de la traversée du Grand Sud. En mai 2010, nous avions pris le pari de partir en solitaire, avec seulement 25 litres d’eau potable, une tente, une trousse à outils, un rayon de soleil et un enthousiasme immodéré pour affronter les routes du monde. Un pari qui trouve ses limites 10’000 km plus tard aux administrations.
Un mouvement de contestation légitime
Article publié dans La Liberté du 7 février 2011. A télécharger ici.
Deux discours antagonistes ressortent à l’écoute des personnalités politiques en Amérique du Sud. Le premier, conciliant, idolâtre l’Occident et cherche à lui ressembler en demandant des faveurs financières ou technologiques d’aide au développement. Le second, accusateur, reproche ses propres maux au Nord et exige des réparations. Cette deuxième vision s’accompagne parfois d’une déresponsabilisation des dirigeants du Sud face à la misère de leurs propres pays. A l’image de l’Equateur, qui aura durant des années subventionné son essence (30 centimes/litre) au détriment de son éducation supérieure.
Ce second mode de pensée a toutefois le mérite de poser les vraies questions. Qui compense les dégâts environnementaux et ses conséquences en chaîne sur le développement humain ? Qui en est responsable: le consommateur occidental, l’entreprise pétrolière, le gouvernement importateur de ressources ou le pays producteur ?
En outre se pose la question de la responsabilité intergénérationnelle, puisque, les enfants des pollueurs occidentaux devront certainement payer un jour les réparations des dégâts commis par leurs parents et grands-parents. Un peu comme dans l’affaire des fonds juifs.
En ce sens, le projet Yasuni-ITT est cohérent. Mais il est surtout nouveau par son ton et sa détermination. Accepter ce projet et le finan- cer ouvriraient une brèche dans la politique internationale pour d’autres réclamations. Le refuser permettrait tout au plus de gagner du temps face à ce mouvement de contestation légitime et grandissant.
Une journée, à la frontière péruvienne…
Après nos sueurs froides en Equateur, nous mettons enfin le cap au Sud. Nous traversons rapidement le sud du pays et passons la frontière péruvienne. Contre toute attente, le Pérou triomphe sur la plus haute marche du podium en matière d’efficacité administrative, mais cela reste relatif. Petit classement…
- Pérou 2 heure.
- Tunisie 4 heure
- Maroc 6 heures
- Equateur 13 jours
- Etats-Unis 2 mois

Agent de douane sympa, mais totalement dépassé. Un véhicule plus une remorque = deux papiers. C'est trop pour lui..
Le passage de la frontière péruvienne se fait dans une ambiance étrangement communiste. Les pays en développement surprennent parfois par des infrastructures totalement déconnectées de la réalité. Dans un accord bi-national avec l’Equateur, soutenu par l’Europe, une autoroute double piste relie les deux pays avec ponts et bâtiments neufs. Pourtant, nous sommes absolument seuls sur la route. Au loin, un agent armé jusqu’aux dents sur le toit d’un bâtiment nous fait signe d’avancer.
Ce diaporama nécessite JavaScript.
La douce révolution du Métrocable (+ bonus/english)
Metrocable est un système de télécabines installé par la communauté urbaine colombienne de Medellin, en complément au métro de Medellin pour permettre d’accéder aux quartiers les moins développés de la commune.
Lire l’article paru dans La Liberté du 27 décembre 2010. Ou à télécharger ici.
Ce projet a été sélectionné par Myclimate à Zürich dans le cadre de la compensation de CO2. Des virements pour l’achat des crédits carbones devraient commencer au printemps depuis la Suisse. En vidéo bonus, l’interview de Martin Jenk, responsable des projets sud-américains chez MyClimate.




Commentaires Récents