Je tourne le dos à Detroit pour m’enfoncer dans les campagnes républicaines du centre américain. L’Illinois est bientôt derrière moi, et je mets le cap à l’ouest pour le Kansas. Ces champs de maïs et de soja, interminables, me laissent perplexe.
Des milliers, peut-être des millions de tonnes de nourriture destinées au bioéthanol ou au fourage animal. Cette production de masse n’est pas repoussante en soi, mais le paysan est, ici, tellement éloigné de sa terre que cela en devient indécent.
Les moissonneuses batteuses avancent mécaniquement à travers ces terres assèchées pendant que les trains et camions attendent pour embarquer les precieuses graines à distances. Certaines machines sont commandées à distance par ordinateur. Elles soulèvent des nuages de poussières visibles à des dizaines de kilomètres.
Une moissonneuse peut avancer jusqu’à 6 heures avant d’arriver à la fin du champs et faire demi-tour. Pendant ce temps, l’agriculteur – pour autant que ce nom ait encore un sens à ce niveau – va acheter ses objets chinois en Pick-Up au Wallmart ou au Home Depot du coin.
Ici, l’Amérique a volé l’âme de cette terre fertile pour la transformer en usine à ciel ouvert et s’en est totalement détaché pour une vie sans lien avec le sol.






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