Articles tagués ‘Kansas’

octobre 6, 2010

Derek Reilley et son capteur solaire : un extraterrestre au pays du pétrole

Dans un “bled” perdu au milieu des immensités agricoles du Kansas, Derek Reilley est un extraterrestre. Au pays du Pick-Up et des centrales à charbon, il n’est pas peu fier de me montrer son installation solaire dans son jardin. « Je crois qu’à Colby je suis bien le seul à avoir une installation de ce type. Les gens sont très étonnés lorsque je leur montre que cette énergie est gratuite ».

Derek Reilley et son capteur solaire prototype dans son jardin.

Exploitation du sol

Ce village de quelques centaines d’habitants est entouré de champs de maïs. La monoculture dopée aux fertilisants chimiques est légion. Le pays est plat et culmine à 1400 mètres d’altitude. Plus un seul arbre n’est visible à l’horizon, le champ des oiseaux n’existe plus. Le prochain village est à 80 km. Certains soirs, lorsque le soleil se couche, le ciel et le sol prennent la même couleur orangée et font disparaître les lignes d’horizon dans une brume lointaine. Au milieu de ces monocultures, des machines extraient inlassablement le pétrole ou le gaz naturel du sol. Ici, l’évolution des cours de l’énergie est familier. Car ces pompes permettent aux agriculteurs de toucher des royalties. « Lorsque le cours est haut, on fait de très bonnes années. Mais aujourd’hui, le cours est bas, alors les machines sont arrêtées » explique Carol Boden, employée du service social du Kansas et épouse d’un agriculteur. Pendant la discussion, son voisin glisse en rigolant, « n’écoute pas ce qu’elle dit Marc, elle est démocrate ».

Un homme passionné

Mais Derek se moque de son entourage. L’homme est très créatif. Enseignant au gymnase local, il utilise son énergie renouvelable pour toutes sortes d’applications. « Je tonds ma pelouse gratuitement depuis 2 ans avec ma tondeuse électrique et j’ai un moteur 12 volts pour mon bateau. Je charge aussi les batteries de ma caravane avec mon système. Et puis je fabrique du 110V (le courant américain). » Une initiative dénouée de tout rapport aux coûts. « Parfois ma femme me dit, mais quand vas-tu arrêter d’investir de l’argent pour cela ? Jamais, je crois bien (rires). »

Programme éducatif pour le solaire

Grâce à sa ténacité et à sa passion pour les énergies renouvelables, Derek a réussi à convaincre l’Etat du Kansas de soutenir son programme éducatif. Le premier du genre. Pour son école, c’est 48’000 dollars qui viennent de tomber. Une prouesse car aucun programme d’encouragement pour ces énergies n’existe. « On a acheté des systèmes solaires et le but est d’introduire des notions de bases en électricité aux élèves tout en faisant la promotion des énergies renouvelables. On leur montre comment connecter des capteurs en série ou l’influence des nuages par exemple. Cela leur permet de comprendre comment ces énergies fonctionnent. ». Satisfait de sa réussite, Derek ne va pas s’arrêter en si bon chemin, derrière sa caravane, un socle métallique est en cours de construction… pour recevoir une éolienne domestique.

English

Derek Reilley is the owner of a small scale solar system. In Kansas, the countryside is exploited to produce corn with chemical fertilizer. Moreover, some machines extract oil and natural gas from the ground. In this context, Derek is a bit alone to promote renewable energies but he just received help from the state to develop an educational program. Now he teaches in college how to use theses new energies.

octobre 4, 2010

Traversée du Kansas, entre solitude et petits soucis!

La traversée du Kansas est un véritable marathon. Il faut tenir la distance! Quelques problèmes de pneumatiques expliqués en images.

The ICARE Project continues his way through Kansas. The tires are really old, and no shop is selling that kind of products in this area. I worry about that!

septembre 21, 2010

Icare s’enfonce dans le countryside

Je tourne le dos à Detroit pour m’enfoncer dans les campagnes républicaines du centre américain. L’Illinois est bientôt derrière moi, et je mets le cap à l’ouest pour le Kansas. Ces champs de maïs et de soja, interminables, me laissent perplexe.

Des milliers, peut-être des millions de tonnes de nourriture destinées au bioéthanol ou au fourage animal. Cette production de masse n’est pas repoussante en soi, mais le paysan est, ici, tellement éloigné de sa terre que cela en devient indécent.

Les moissonneuses batteuses avancent mécaniquement à travers ces terres assèchées pendant que les trains et camions attendent pour embarquer les precieuses graines à distances. Certaines machines sont commandées à distance par ordinateur. Elles soulèvent des nuages de poussières visibles à des dizaines de kilomètres.

Une moissonneuse peut avancer jusqu’à 6 heures avant d’arriver à la fin du champs et faire demi-tour. Pendant ce temps, l’agriculteur – pour autant que ce nom ait encore un sens à ce niveau – va acheter ses objets chinois en Pick-Up au Wallmart ou au Home Depot du coin.

Ici, l’Amérique a volé l’âme de cette terre fertile pour la transformer en usine à ciel ouvert et s’en est totalement détaché pour une vie sans lien avec le sol.


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