Icare vous souhaite ses voeux pour 2011
Derek Reilley et son capteur solaire : un extraterrestre au pays du pétrole
Dans un “bled” perdu au milieu des immensités agricoles du Kansas, Derek Reilley est un extraterrestre. Au pays du Pick-Up et des centrales à charbon, il n’est pas peu fier de me montrer son installation solaire dans son jardin. « Je crois qu’à Colby je suis bien le seul à avoir une installation de ce type. Les gens sont très étonnés lorsque je leur montre que cette énergie est gratuite ».
Exploitation du sol
Ce village de quelques centaines d’habitants est entouré de champs de maïs. La monoculture dopée aux fertilisants chimiques est légion. Le pays est plat et culmine à 1400 mètres d’altitude. Plus un seul arbre n’est visible à l’horizon, le champ des oiseaux n’existe plus. Le prochain village est à 80 km. Certains soirs, lorsque le soleil se couche, le ciel et le sol prennent la même couleur orangée et font disparaître les lignes d’horizon dans une brume lointaine. Au milieu de ces monocultures, des machines extraient inlassablement le pétrole ou le gaz naturel du sol. Ici, l’évolution des cours de l’énergie est familier. Car ces pompes permettent aux agriculteurs de toucher des royalties. « Lorsque le cours est haut, on fait de très bonnes années. Mais aujourd’hui, le cours est bas, alors les machines sont arrêtées » explique Carol Boden, employée du service social du Kansas et épouse d’un agriculteur. Pendant la discussion, son voisin glisse en rigolant, « n’écoute pas ce qu’elle dit Marc, elle est démocrate ».
Un homme passionné
Mais Derek se moque de son entourage. L’homme est très créatif. Enseignant au gymnase local, il utilise son énergie renouvelable pour toutes sortes d’applications. « Je tonds ma pelouse gratuitement depuis 2 ans avec ma tondeuse électrique et j’ai un moteur 12 volts pour mon bateau. Je charge aussi les batteries de ma caravane avec mon système. Et puis je fabrique du 110V (le courant américain). » Une initiative dénouée de tout rapport aux coûts. « Parfois ma femme me dit, mais quand vas-tu arrêter d’investir de l’argent pour cela ? Jamais, je crois bien (rires). »
Programme éducatif pour le solaire
Grâce à sa ténacité et à sa passion pour les énergies renouvelables, Derek a réussi à convaincre l’Etat du Kansas de soutenir son programme éducatif. Le premier du genre. Pour son école, c’est 48’000 dollars qui viennent de tomber. Une prouesse car aucun programme d’encouragement pour ces énergies n’existe. « On a acheté des systèmes solaires et le but est d’introduire des notions de bases en électricité aux élèves tout en faisant la promotion des énergies renouvelables. On leur montre comment connecter des capteurs en série ou l’influence des nuages par exemple. Cela leur permet de comprendre comment ces énergies fonctionnent. ». Satisfait de sa réussite, Derek ne va pas s’arrêter en si bon chemin, derrière sa caravane, un socle métallique est en cours de construction… pour recevoir une éolienne domestique.
English
Derek Reilley is the owner of a small scale solar system. In Kansas, the countryside is exploited to produce corn with chemical fertilizer. Moreover, some machines extract oil and natural gas from the ground. In this context, Derek is a bit alone to promote renewable energies but he just received help from the state to develop an educational program. Now he teaches in college how to use theses new energies.
Les Etats-Unis, son patrimoine et son industrie
La traversée de l’Amérique est comme on pouvait la prédire. Monotone. Toutes les villes se ressemblent, la culture est uniforme, les supermarchés sont tous les mêmes. Les slogans marketing lancés à tout bout de champs sont épuisants. Si l’on ne prend pas de recul sur ce pays, on dira qu’ils n’ont pas de culture, pas de patrimoine.
Ce serait une erreur, car certains mots n’ont pas la même définition dans d’autres pays. Nous définissons notre patrimoine comme étant notre architecture, nos chalets valaisans, nos villes construites de façon organique, et, également un peu par nos montres et nos couteaux suisses. Dans ce sens, il est vrai que l’Amérique n’a pas de patrimoine. Les villes ne sont pas intéressantes et carrées, il n’y a aucune créativité dans l’urbanisme et le commerce est placé largement au-dessus de la qualité de vie. Il suffit de suivre un individu faisant ses commissions pour s’en rendre compte.
Mais si l’on accepte de réviser le sens du mot patrimoine, on constate que l’Amérique vit principalement à travers l’industrie. Les Etats-Unis sont un pays d’ingénieurs. Ils sont très fiers de leurs voitures, de leur NASA, de leurs avions. Tous les dimanches, dans la campagne, des fêtes célèbrent l’industrie américaine en réunissant tracteurs, voitures et camions d’époque autour d’un bon Johnny Cash (voir diaporama ci-dessous). Ces manifestations sont une démonstration de leur attachement à leur patrimoine. Alors que nous nettoyons nos géraniums à la brosse à dent, eux, ils bichonnent leur Ford Mustang au garage.
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Ceci m’a fait prendre conscience que ce pays ne pourra jamais avoir la même approche que nous de l’écologie et du développement durable. Car aujourd’hui, c’est tout ce patrimoine qui doit disparaître. Les constructeurs automobiles doivent arrêter de produire des V8, pour insérer des moteurs hybrides ou électriques. Les programmes de la NASA doivent changer, car la conquête de l’espace au nom de la grandeur américaine ne peut plus se faire sur un pays surendetté et socialement déchiré. Les avions de guerre ne résolvent plus les conflits. De la force et la puissance, l’Amérique doit passer au respect et à la modération. Et leur demander cela, ce n’est pas leur demander de changer de technologie, mais bien de modèle. C’est énorme. Ce serait comme nous demander de remplacer nos géraniums par des orties.
Pourtant, l’industrie américaine est prête à relever le défi. Les entreprises investissent en masse dans les green techs. Mais en l’absence de législation et de consommateurs le développement n’est que très lent. Et pour changer cela, il faut changer les mentalités. Chose impossible dans un pays qui ne connaît pas l’étranger. Je me lance donc dans un pronostic, cela n’arrivera pas tant que l’amérique ne sera pas au bord du gouffre. Et aujourd’hui, même à travers la crise, elle ne l’est pas encore.
Icare s’enfonce dans le countryside
Je tourne le dos à Detroit pour m’enfoncer dans les campagnes républicaines du centre américain. L’Illinois est bientôt derrière moi, et je mets le cap à l’ouest pour le Kansas. Ces champs de maïs et de soja, interminables, me laissent perplexe.
Des milliers, peut-être des millions de tonnes de nourriture destinées au bioéthanol ou au fourage animal. Cette production de masse n’est pas repoussante en soi, mais le paysan est, ici, tellement éloigné de sa terre que cela en devient indécent.
Les moissonneuses batteuses avancent mécaniquement à travers ces terres assèchées pendant que les trains et camions attendent pour embarquer les precieuses graines à distances. Certaines machines sont commandées à distance par ordinateur. Elles soulèvent des nuages de poussières visibles à des dizaines de kilomètres.
Une moissonneuse peut avancer jusqu’à 6 heures avant d’arriver à la fin du champs et faire demi-tour. Pendant ce temps, l’agriculteur – pour autant que ce nom ait encore un sens à ce niveau – va acheter ses objets chinois en Pick-Up au Wallmart ou au Home Depot du coin.
Ici, l’Amérique a volé l’âme de cette terre fertile pour la transformer en usine à ciel ouvert et s’en est totalement détaché pour une vie sans lien avec le sol.
Ford : Le défi écologique
En route pour St-Louis
10 septembre 2010.Fin des visites à Detroit, en route pour St-Louis.
Trois jours seulement au Michigan en compagnie de Madame et Monsieur Wegmueller du Consulat Suisse de Detroit pour rencontrer l’industrie automobile américaine. Ford, AVL et l’Université du Michigan nous ont reçu pour nous parler de leur vision de l’avenir et de leurs technologies. Des reportages suivront ces prochains jours, back on the road!
Comme une lettre à la poste
7 septembre 2010. Arrivée à Detroit, 1500 kilomètres comme une lettre à la poste! La traversée des campagnes de Boston à Detroit a été une formalité. La voiture roule à merveille,que du bonheur! Le périple en images entre Boston et Detroit.
Moral au beau fixe
03 septembre 2010. Tout roule. Les Américains sont très enthousiastes pour ICARE.
Tout au long du trajet, je suis invité pour la nuit ou le temps d’un repas. La réputation de l’Amérique est donc vraie : ils sont terriblement généreux. Petit bémole, les médias locaux me “coursent” tous les jours pour des photos et interviews. Je prends donc les routes de campagne pour éviter toute cette agitation et rallier Detroit au plus vite.
Malheureusement les journées de septembre deviennent courtes et je n’arrive pas à produire assez d’énergie. Je continue à prendre du retard sur le planning.
Ce que les Américains pensent du réchauffement climatique…
Icare est à la Boston GreenFest 2010
23 août 2010. Icare participae à la Boston GreenFest 2010. De belles rencontres qui démontrent que les Américains sont sensibles aux questions d’environnement.
Plus d’infos sur : http://www.bostongreenfest.org/
Le temps est à la tempête. Nous attendons une meilleure météo pour partir sur Detroit.








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